Analyse
Conflit au Moyen-Orient : escalade régionale, perturbations des déplacements et mesures immédiates
2 MARS 2026
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9 mins de lecture

Le conflit en cours entre les États-Unis, Israël et l’Iran s’est étendu à l’ensemble de la région et continuera presque certainement à provoquer de graves perturbations en matière de sécurité, d’aviation et d’activité économique. L’Iran a délibérément veillé à ce que les hostilités dépassent le cadre israélien afin d’imposer un coût stratégique aux États-Unis et à leurs partenaires régionaux.
Outre les frappes contre Israël, l’Iran et des acteurs alignés ont ciblé des installations militaires américaines aux Émirats arabes unis (EAU), en Arabie saoudite, au Qatar, à Oman, au Koweït, à Bahreïn, en Jordanie et en Irak.
Les prochaines 24 à 48 heures seront déterminantes pour définir la trajectoire du conflit et ses impacts durables sur les États du Golfe.
Les organisations doivent immédiatement adopter une gestion rigoureuse de leur exposition : confirmer la localisation des collaborateurs, limiter les déplacements, suspendre les voyages non essentiels et planifier une volatilité prolongée de l’espace aérien au moins jusqu’à la mi-mars.
Points clés
- Le conflit États-Unis–Israël avec l’Iran est désormais régional et devrait très probablement s’intensifier à court terme, entraînant de graves perturbations aériennes, économiques et sécuritaires dans le Golfe et plus largement au Moyen-Orient.
- Malgré la perte de hauts responsables iraniens, y compris Khamenei, la capacité et l’intention de l’Iran de mener des attaques régionales à court terme devraient rester intactes, en raison d’une planification successorale de longue date et du contrôle opérationnel exercé par le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI).
- Les Émirats arabes unis émergent comme centre de gravité opérationnel. L’aéroport international de Dubaï (DXB), deuxième aéroport international le plus fréquenté au monde et hub aérien mondial critique, demeure fermé. Les impacts des attaques ont provoqué des victimes et des incendies à Dubaï et Abou Dhabi.
Analyse de situation : évolutions des 48 dernières heures
Les hostilités ont débuté tôt le 28 février, lorsque les forces américaines et israéliennes ont lancé une campagne de frappes aériennes visant des dirigeants et des sites militaires à travers l’Iran, ainsi que des installations présumées liées au programme nucléaire iranien.
L’Iran poursuit ses représailles par des attaques de missiles et de drones contre Israël, ainsi que contre des installations militaires américaines et des infrastructures connexes au Moyen-Orient, notamment aux EAU, à Bahreïn, au Qatar, au Koweït, à Oman, en Arabie saoudite et en Jordanie.
Des informations préliminaires indiquent que la première vague de frappes des Forces de défense israéliennes (FDI) a ciblé les plus hauts responsables politiques et sécuritaires iraniens. Les médias d’État iraniens ont confirmé la mort du Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, lors de ces frappes tôt le 1er mars.
D’autres hauts responsables auraient également été tués, notamment Mohammad Pakpour, commandant en chef du Corps des gardiens de la révolution islamique, et Aziz Nasirzadeh, ministre de la Défense.
Les ambassades étrangères dans les capitales du Moyen-Orient — notamment celles de l’Australie, du Canada, de la France, de l’Allemagne, du Royaume-Uni et des États-Unis — ont émis des avertissements à l’attention de leurs ressortissants, allant d’appels à la vigilance renforcée à des consignes de confinement selon les localités et le niveau de menace. Plusieurs gouvernements, dont le Royaume-Uni, recommandent à leurs citoyens de quitter l’Iran dès que des options commerciales ou des dispositifs d’évacuation le permettent.
Situation par pays : Iran, Israël et Émirats arabes unis
Iran
Les autorités iraniennes ont renforcé les mesures de sécurité à l’échelle nationale dans un contexte d’incertitude concernant la succession au pouvoir et d’éventuelles opérations militaires supplémentaires. Les responsables ont indiqué que les mesures de représailles se poursuivent, ce qui augmente la probabilité d’échanges prolongés dans les prochains jours.
Les premières informations font état de pertes humaines importantes depuis le 28 février. Des explosions et impacts de missiles ont été signalés à Téhéran, Ispahan, Karaj, Kermanshah, Lorestan, Tabriz, Qom et dans d’autres zones de l’ouest et du centre du pays.
Les perturbations aériennes restent majeures. L’Iran a fermé son espace aérien national au trafic civil. Le pays continue également de subir de graves perturbations d’internet et des télécommunications.
Des déploiements sécuritaires accrus et des perturbations localisées des transports terrestres sont probables à proximité des zones touchées. Les autorités pourraient imposer de nouvelles restrictions internes, notamment des couvre-feux, des limitations de circulation ou des mesures aux frontières.
Conseils :
- Ne pas voyager en Iran.
- Les personnes présentes sur place doivent se confiner. En cas d’explosions ou de sirènes d’alerte aérienne, rester à l’écart des fenêtres et des murs extérieurs.
- Suivre les médias locaux fiables et les consignes des forces de sécurité, notamment en cas d’instruction de se rendre dans un abri anti-aérien.
- Maintenir le contact avec les représentations diplomatiques.
- Constituer des stocks de fournitures de base et de médicaments essentiels.
Israël
Israël maintient l’état d’urgence décrété le 28 février. Depuis le début du conflit, le territoire israélien a fait l’objet de multiples attaques de représailles iraniennes, poussant les habitants à se réfugier dans des abris anti-aériens.
Si les FDI ont intercepté de nombreux missiles, des projectiles ont touché Tel-Aviv et Beit Shemesh.
Dans la nuit du 1er au 2 mars, des échanges de tirs ont débuté entre les forces israéliennes et le Hezbollah, avec des roquettes tirées vers le nord d’Israël et des frappes israéliennes visant le sud du Liban et la banlieue sud de Beyrouth.
Le ministère israélien de la Santé a ordonné aux hôpitaux de transférer leurs activités vers des espaces protégés et de procéder à des sorties anticipées de patients lorsque cela est possible. Le Commandement du Front intérieur a annoncé diverses mesures, notamment des interdictions de rassemblements publics et la fermeture d’écoles et de lieux de travail.
Les autorités maintiendront très probablement un dispositif sécuritaire extrêmement strict dans un avenir prévisible. De nouvelles frappes iraniennes sur les grandes villes israéliennes sont hautement probables dans les prochains jours.
Conseils :
- Reporter tout déplacement non essentiel.
- Se conformer strictement aux instructions des autorités locales.
- En cas de sirène d’alerte, rejoindre immédiatement l’abri le plus proche ; à défaut, se mettre à couvert et s’éloigner des fenêtres et des portes.
- Rester dans un espace protégé jusqu’à la levée officielle de l’alerte.
Émirats arabes unis
Des centaines de missiles et de drones ont été lancés en direction des Émirats arabes unis. Des débris issus d’interceptions sont retombés sur le territoire, causant des victimes et des dégâts matériels à des immeubles résidentiels, des aéroports et des hôtels. Les autorités ont temporairement fermé l’espace aérien.
Les autorités maintiendront probablement un niveau d’alerte élevé, de nouveaux tirs de missiles et de drones restant possibles dans les prochains jours. Les perturbations des transports et de l’activité économique — ainsi que les opérations d’urgence en cours — devraient se poursuivre dans et autour des zones touchées.
Conseils :
- Se confiner et rester à l’intérieur, à distance des fenêtres.
- Suivre exclusivement les alertes officielles des autorités des EAU et de votre ambassade.
- Ne pas relayer d’informations non vérifiées.
- Anticiper des perturbations prolongées des vols, du trafic routier et de l’activité commerciale.
- Maintenir son téléphone chargé et garder à portée de main documents essentiels et médicaments en cas de déplacement rapide.
- Envoyer des points de situation réguliers et concis à sa famille ou à son organisation.
Déplacements & aviation : perturbation mondiale immédiate
Le risque immédiat pour de nombreuses organisations mondiales concerne les perturbations aériennes — non seulement pour les voyages directs vers les États touchés, mais également pour les itinéraires internationaux dépendant habituellement des hubs du Golfe comme Dubaï.
Les perturbations sont déjà sévères et devraient s’intensifier dans les prochaines heures et les prochains jours. Les EAU ont fermé leur espace aérien, restreignant fortement les opérations civiles. Les vols à l’aéroport international de Dubaï (DXB) et à Dubai World Central – Al Maktoum (DWC) sont suspendus.
La fermeture de Dubaï entraîne des effets secondaires majeurs pour le fret aérien mondial, l’acheminement des passagers, l’exposition assurantielle et les chaînes logistiques.
Bahreïn, Israël, l’Iran, l’Irak, le Koweït et la Syrie maintiennent également des fermetures totales de leur espace aérien. L’espace aérien de l’Arabie saoudite et d’Oman reste ouvert. La Jordanie, l’Égypte et le Liban ne sont pas totalement fermés mais subissent des déroutements et ajustements en raison des zones restreintes à proximité.
L’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) a publié un avis interdisant aux transporteurs desservant l’UE de survoler certaines parties du Moyen-Orient au moins jusqu’au 3 mars.
De plus, plusieurs compagnies aériennes ont annulé des vols dans la région, notamment :
- Aegean Airlines (A3) : tous les vols au départ et à destination de Tel-Aviv, Beyrouth et Erbil jusqu’au 2 mars.
- Air Canada (AC) : tous les vols au départ et à destination de Dubaï suspendus jusqu’au 3 mars ; tous les vols au départ et à destination d’Israël suspendus jusqu’au 8 mars.
- Air France (AF) : tous les vols au départ et à destination de Tel-Aviv et Beyrouth.
- KLM (KL) : tous les vols au départ et à destination de Tel-Aviv, Dubaï, Dammam et Riyad.
- Air India (AI) : tous les vols vers des destinations au Moyen-Orient, ou transitant par celles-ci.
- British Airways (BA) : tous les vols au départ et à destination de Tel-Aviv et de Bahreïn jusqu’au 4 mars.
- Emirates (EK) : toutes les opérations au départ et à destination de Dubaï suspendues jusqu’à 15 h 00 le 2 mars.
- Etihad Airways (EY) : toutes les opérations au départ et à destination d’Abou Dhabi suspendues jusqu’à 02 h 00 le 2 mars.
- IndiGo (6E) : tous les vols vers des destinations au Moyen-Orient annulés jusqu’au 1er mars.
- Lufthansa (LH) : vols vers Tel-Aviv, Beyrouth, Amman, Erbil, Dammam et Téhéran suspendus jusqu’au 8 mars.
- Norwegian Air (NAN) : tous les vols au départ et à destination de Dubaï suspendus jusqu’au 4 mars.
- Wizz Air (W6) : tous les vols au départ et à destination d’Israël, Dubaï, Abou Dhabi et Amman suspendus jusqu’au 7 mars ; vols au départ et à destination de l’Arabie saoudite suspendus jusqu’au 2 mars.
- Turkish Airlines (TK) : vols vers le Qatar, la Jordanie, le Koweït, Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Liban, la Syrie, l’Irak, l’Iran et Oman.
- Qatar Airways (QR) : tous les vols au départ et à destination de Doha sont suspendus pour toute la durée de la fermeture de l’espace aérien qatarien.
Conseils opérationnels : priorités pour responsables sûreté et voyages
Pour les voyageurs :
- Recenser l’ensemble des collaborateurs présents dans la région (priorité : EAU, Qatar, Bahreïn, Koweït, Irak, Israël) avec des points de contact à horaires fixes et un mécanisme d’escalade en cas d’absence de réponse.
- Suspendre les déplacements non essentiels ; anticiper des retards persistants même après réouverture des espaces aériens.
- Considérer tout itinéraire via les hubs du Golfe comme à haut risque d’échec ; maintenir les personnes en hébergement sécurisé jusqu’à confirmation d’itinéraires viables.
- Éviter les hébergements à proximité immédiate d’aéroports, ports, installations militaires ou diplomatiques.
- Revalider les plans de contingence aérienne : itinéraires alternatifs hors espaces fermés, procédures pour voyageurs bloqués, autorisations de prolongation d’hébergement.
Pour les opérations dans la région :
- Passer en mode continuité d’activité (télétravail si possible), limiter les déplacements et réévaluer le dispositif sécuritaire des sites.
- Renforcer les mesures de mise à l’abri : autonomie de 72 heures (eau, nourriture, médicaments, batteries externes, espèces), identification des pièces sécurisées.
- Informer la direction des points de déclenchement : nouvelles frappes massives, activation de proxies, atteinte majeure aux infrastructures critiques (aéroport/port/énergie), extension des fermetures d’espace aérien.
Si vous vous trouvez dans la région, Crisis24 est en mesure de fournir à votre organisation des transports sécurisés, une protection rapprochée, des fournitures critiques, des relocalisations internes et des évacuations, une planification de contingence ainsi qu’une assistance médicale.
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