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Analyse

La Coupe du Monde 2026 devrait accroître les risques liés à la chaleur, aux maladies respiratoires et à la santé environnementale dans les pays hôtes

22 MAI 2026

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10 mins de lecture


GRF 2026 - Americas - FIFA World Cup to Cause Significant Disruptions across the US, Canada, and Mexico

La Coupe du Monde 2026 se déroulera du 11 juin au 19 juillet dans 16 villes hôtes au Canada, au Mexique et aux États-Unis. Les rassemblements de cette ampleur augmentent les risques sanitaires transmissibles et non transmissibles. Dans l’ensemble des pays hôtes, les principales menaces sanitaires devraient inclure les infections respiratoires, notamment la rougeole, les maladies gastro-intestinales liées à l’exposition à l’eau et aux aliments contaminés, ainsi que les pathologies liées à la chaleur. 

Points clés

  • L’exposition aux risques sanitaires varie selon les pays hôtes, le Mexique présentant des risques plus élevés en matière de maladies infectieuses et d’exposition environnementale que le Canada et les États-Unis.

  • Les conditions liées aux rassemblements de masse devraient accroître les risques de transmission des maladies infectieuses. La rougeole et d’autres infections respiratoires devraient constituer les principales menaces sanitaires transmissibles.

  • Les fortes chaleurs devraient représenter le risque environnemental le plus constant dans l’ensemble des sites.  

Maladies et menaces sanitaires

Les rassemblements de masse amplifient les risques sanitaires en raison de la forte densité de population, des déplacements internationaux rapides et de la pression accrue sur les infrastructures locales. Ces conditions favorisent la transmission des maladies infectieuses tout en augmentant les risques non infectieux, tels que le stress thermique, les blessures et l’exposition environnementale.

Des activités de coordination et de préparation en santé publique sont en cours dans l’ensemble des villes hôtes, notamment pour anticiper les épidémies d’origine alimentaire, la transmission des maladies respiratoires et les pathologies liées à la chaleur. Les évaluations menées depuis la pandémie continuent de mettre en évidence des lacunes dans les capacités locales de santé publique, en particulier dans les juridictions sous-dotées en personnel et en ressources. 

Maladies respiratoires et maladies évitables par la vaccination 

Les infections respiratoires devraient figurer parmi les incidents sanitaires les plus fréquents durant le tournoi. Les environnements clos et très fréquentés — stades, aéroports, hôtels, fan zones et transports publics — créent des conditions favorables à la transmission des maladies. 

La rougeole demeure une préoccupation majeure en raison des flambées épidémiques en cours dans les trois pays hôtes ainsi qu’à l’échelle mondiale. La vaccination reste la protection la plus efficace contre l’infection et les formes graves. La grippe saisonnière et le COVID-19 devraient également circuler durant le tournoi. 

Maladies d’origine alimentaire et hydrique 

Les maladies gastro-intestinales figurent systématiquement parmi les problèmes de santé les plus fréquemment signalés lors des rassemblements de masse. Le risque devrait être le plus élevé au Mexique en raison de normes sanitaires variables et de la non-potabilité de l’eau du robinet dans de nombreuses zones. Les agents pathogènes préoccupants incluent le norovirus, l’hépatite A et la fièvre typhoïde ; la diarrhée du voyageur devrait rester l’une des principales causes de maladie chez les visiteurs internationaux. Au Canada et aux États-Unis, les normes de sécurité alimentaire et hydrique sont généralement élevées ; toutefois, l’afflux temporaire de touristes pourrait encore favoriser l’apparition ponctuelle de foyers d’intoxication alimentaire. 

Maladies à transmission vectorielle 

Les maladies transmises par les moustiques, notamment la dengue, devraient représenter un risque saisonnier dans certaines régions du Mexique et du sud des États-Unis pendant les mois d’été. Les zones les plus exposées incluent les régions chaudes et de basse altitude au Mexique ainsi que les États du sud américain. Les précipitations pendant la période du tournoi pourraient également accroître l’activité de reproduction des moustiques dans certaines zones. 

Bien que les flambées majeures de maladies vectorielles directement liées à des événements sportifs demeurent rares, des infections importées par des voyageurs internationaux pourraient contribuer à une transmission locale dans les zones où des moustiques vecteurs compétents sont présents. 

Blessures liées aux foules et problèmes sanitaires 

Bien que rares, les mouvements de foule demeurent parmi les risques les plus graves liés à la sécurité dans les stades. Les infrastructures modernes et les protocoles établis de gestion des foules réduisent considérablement ces risques, mais la vigilance reste essentielle, notamment dans les fan zones, les hubs de transport, les zones de vie nocturne et les points d’entrée ou de sortie des stades. 

L’augmentation de la consommation d’alcool et de drogues récréatives lors des grands événements sportifs devrait également contribuer à une hausse des traumatismes, de la déshydratation, des violences interpersonnelles et des urgences médicales. 

Risques sanitaires environnementaux

Pathologies liées à la chaleur et déshydratation 

Les fortes chaleurs devraient représenter le risque sanitaire le plus important et le plus constant, particulièrement dans les villes du sud des États-Unis et dans certaines régions du Mexique. Les températures élevées augmentent fortement le risque de déshydratation, d’épuisement dû à la chaleur et de coup de chaleur, notamment lors d’une exposition prolongée à l’extérieur, de consommation d’alcool ou d’efforts physiques. Les personnes âgées, les enfants et les personnes souffrant de maladies chroniques constituent les groupes les plus vulnérables. 

Mesures préventives: 

  • Limiter les activités extérieures aux heures les plus fraîches de la journée (tôt le matin ou en soirée).  

  • Faire des pauses fréquentes et rechercher l’ombre.  

  • Utiliser la climatisation lorsque cela est possible ou accéder aux centres publics de rafraîchissement.  

  • Maintenir une bonne hydratation en buvant régulièrement de l’eau tout au long de la journée.  

  • Éviter une consommation excessive d’alcool, de caféine et de boissons sucrées.

Fumées d’incendies et qualité de l’air 

La saison des incendies de forêt coïncide avec la période du tournoi, notamment dans l’ouest du Canada ainsi que dans certaines régions de l’ouest et du sud des États-Unis. Des épisodes de fumée pourraient également affecter certaines parties du Mexique. Les prévisions climatiques pour juin et juillet devraient favoriser un risque d’incendie supérieur à la normale dans certaines zones du nord-ouest et du sud des États-Unis, de l’ouest du Canada et de l’ouest du Mexique. 

Les fumées d’incendies peuvent fortement dégrader la qualité de l’air et accroître les risques respiratoires et cardiovasculaires, notamment chez les personnes souffrant d’asthme, de maladies respiratoires chroniques ou de pathologies cardiovasculaires. Les voyageurs présentant des antécédents médicaux doivent surveiller attentivement les alertes locales relatives à la qualité de l’air et limiter leur exposition extérieure. 

Mal des montagnes à Mexico 

Mexico, l’une des villes hôtes situées à la plus haute altitude du tournoi, se trouve à environ 2 240 mètres au-dessus du niveau de la mer. Les voyageurs arrivant depuis des régions de basse altitude peuvent présenter des symptômes légers de mal aigu des montagnes, notamment des maux de tête, des nausées, un essoufflement, de la fatigue et des troubles du sommeil. Les symptômes disparaissent généralement dans les 24 à 48 heures avec l’acclimatation. 

Infrastructures et services médicaux

Les systèmes de santé du Canada, du Mexique et des États-Unis sont globalement capables de répondre aux besoins médicaux courants et d’urgence, bien que les performances, l’accessibilité et les coûts varient fortement selon les pays et les régions. Une pression localisée sur les infrastructures de santé est attendue dans les villes hôtes pendant les périodes de forte affluence, notamment autour des stades, des axes de transport et des fan zones. 

États-Unis 

Les États-Unis disposent de capacités médicales et traumatologiques très avancées, avec des systèmes d’urgence performants, des hôpitaux bien équipés et un accès rapide aux spécialistes dans les grands centres urbains. 

Points à prendre en compte : 

  • Les soins d’urgence sont de très haut niveau technique, mais peuvent être extrêmement coûteux pour les visiteurs non assurés ou insuffisamment assurés. Les services ambulanciers sont généralement fiables mais coûteux.  

  • La fermeture d’hôpitaux ruraux et les pénuries de personnel dans certaines régions pourraient accentuer la pression sur les systèmes de santé urbains lors des pics d’affluence.  

  • La complexité administrative et les barrières linguistiques peuvent retarder l’accès aux soins pour certains voyageurs internationaux.

Canada 

Le système de santé canadien est généralement de haute qualité, avec des réseaux hospitaliers solides et des services d’urgence et spécialisés bien développés dans les principales villes hôtes. 

Points à prendre en compte : 

  • Les services d’urgence sont largement disponibles, y compris les services ambulanciers dans les zones urbaines et périurbaines. Les délais d’attente aux urgences pour les cas non vitaux peuvent être prolongés, notamment dans les grands centres urbains confrontés à des pénuries de personnel et à une surcharge du système.  

  • Les non-résidents ne sont pas couverts par les systèmes provinciaux de santé et peuvent devoir assumer des frais médicaux importants.

Mexique 

La qualité des soins de santé au Mexique varie considérablement entre les établissements privés modernes des grands centres urbains et les infrastructures publiques plus limitées dans les zones rurales. 

Points à prendre en compte : 

  • Les hôpitaux privés dans des villes comme Mexico, Guadalajara et Monterrey offrent souvent des soins de qualité, des équipements modernes et du personnel anglophone. Les soins privés sont généralement coûteux et peuvent nécessiter un paiement anticipé ou une preuve d’assurance.  

  • Les établissements publics sont fréquemment surchargés, avec des délais d’attente plus longs et des ressources variables.  

  • Les capacités d’intervention d’urgence varient fortement selon les régions. Les ambulances sont disponibles dans les grandes villes mais peuvent présenter des délais d’intervention et des standards d’équipement inégaux.

Enjeux communs aux trois pays hôtes 

Plusieurs pressions communes sur les systèmes de santé sont attendues dans les trois pays durant le tournoi : 

  • Hausse temporaire de la demande les jours de match, notamment pour les traumatismes mineurs, les pathologies liées à la chaleur, la déshydratation et les incidents liés à l’alcool.  

  • Augmentation du recours aux services d’urgence pour des cas non critiques par des visiteurs internationaux peu familiers avec les parcours de soins locaux.  

  • Pression accrue sur les ambulances et les services préhospitaliers dans les zones d’événements très fréquentées et les quartiers festifs.  

  • Demande accrue de services de traduction médicale et d’assistance multilingue. 

Considérations supplémentaires

Vaccinations 

Aucun vaccin spécifique n’est exigé pour entrer au Canada, au Mexique ou aux États-Unis. Toutefois, tous les voyageurs devraient vérifier qu’ils sont à jour dans leurs vaccinations de routine, notamment contre la rougeole-oreillons-rubéole (ROR), la diphtérie-tétanos-coqueluche, la varicelle, la poliomyélite, les infections pneumococciques et la grippe. Une vaccination contre le COVID-19 est également recommandée lorsqu’elle est disponible. 

D’autres vaccins peuvent être envisagés selon le niveau de risque : hépatite A (en particulier pour le Mexique), hépatite B, rage (en cas de séjour prolongé ou de risque d’exposition animale) et typhoïde (pour certains déplacements à risque au Mexique).

Médicaments sur ordonnance et accès pharmaceutique 

Les voyageurs doivent anticiper d’importantes différences de réglementation pharmaceutique, de disponibilité des médicaments et de normes d’application entre les pays hôtes. 

Il est recommandé : 

  • de conserver les médicaments dans leur emballage d’origine avec étiquette ; veiller à ce qu’ils mentionnent clairement le nom complet du patient, le nom du professionnel de santé, le nom générique et commercial du médicament ainsi que le dosage exact ;  

  • d’emporter une copie des ordonnances et une lettre du médecin ;  

  • de prévoir une quantité suffisante de médicaments pour toute la durée du séjour, ainsi que quelques jours supplémentaires en cas de retard ;  

  • d’éviter l’achat de médicaments auprès de vendeurs non réglementés ou informels ;  

  • de garder à l’esprit que les noms commerciaux et formulations peuvent varier selon les pays ;  

  • de vérifier auprès des ambassades étrangères des pays visités ou traversés les éventuelles restrictions applicables aux médicaments sur ordonnance.  

Perspectives

La Coupe du Monde 2026 devrait se dérouler sans perturbation majeure de santé publique, bien que des incidents sanitaires localisés et des perturbations environnementales restent probables pendant toute la durée du tournoi. Les risques sanitaires globaux pour les voyageurs devraient rester maîtrisables avec une préparation adéquate et des mesures préventives appropriées. Les principales mesures de protection incluent la mise à jour des vaccinations, le respect des précautions alimentaires et hydriques, l’adoption de stratégies de protection contre la chaleur et la surveillance des conditions environnementales telles que les fumées d’incendies et la qualité de l’air.

Bien que l’ampleur et la complexité opérationnelle du tournoi exercent une pression importante sur les systèmes de santé nord-américains, la coordination des dispositifs de surveillance, les plans de préparation et la solidité des infrastructures médicales devraient réduire le risque d’urgence sanitaire généralisée. Ce rapport reflète les informations disponibles au 22 mai. 

Tirez parti d’une intelligence stratégique et d’une gestion intégrée des risques pour les événements complexes et multisites comme la Coupe du Monde. 

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