Analyse
L’Iran confronté à une montée des risques de sabotage interne alors que le régime évite une escalade extérieure
3 FÉVR. 2026
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3 mins de lecture

Points clés à retenir :
- Les explosions survenues le 31 janvier à travers l’Iran ne sont probablement pas dues à une fuite de gaz, comme cela avait été initialement diffusé ; elles sont plus vraisemblablement le résultat d’actes de sabotage.
- L’Iran devrait réagir à ces actes de sabotage non attribués en renforçant ses dispositifs de sécurité intérieure, en perturbant les activités présumées de l’opposition et en encadrant soigneusement sa communication publique afin de maintenir sa dissuasion sans provoquer d’escalade au-delà de ses frontières.
- L’Iran est peu susceptible de riposter ouvertement à moins de pouvoir attribuer clairement et publiquement une attaque aux États-Unis ou à Israël. Dans un tel scénario, Téhéran subirait une pression accrue pour répondre afin de préserver sa crédibilité dissuasive, tout en cherchant néanmoins à éviter un conflit de plus grande ampleur.
Note sur les capacités opérationnelles : Crisis24 dispose d’une forte présence opérationnelle dans l’ensemble du Moyen-Orient et a renforcé son soutien régional afin d’accompagner ses clients durant cette période de tensions accrues. Compte tenu du risque d’escalade à court terme, il est fortement recommandé aux clients de reporter tout déplacement vers l’Iran et de se préparer à des évacuations complètes lorsque les conditions le permettront.
Évaluation
Le régime iranien attribue régulièrement des événements tels que des explosions à des fuites de gaz, une pratique qui répond à plusieurs objectifs : éviter de reconnaître publiquement des failles sécuritaires, limiter la pression en faveur de représailles et réduire la perception domestique de la vulnérabilité du régime. Reconnaître des actes de sabotage mettrait en évidence l’incapacité de l’État à protéger des infrastructures critiques et des figures de premier plan — un narratif que Téhéran cherche activement à contenir. Néanmoins, la fréquence, la dispersion géographique et les schémas de ciblage de ces incidents suggèrent fortement des opérations de sabotage et de subversion plutôt que des coïncidences ou de simples négligences.
L’Iran fait face à un environnement de menaces étendu au-delà de ses principaux adversaires que sont les États-Unis et Israël. Plusieurs groupes anti-gouvernementaux opèrent à l’intérieur du pays, notamment les Moudjahidine du peuple (MEK), ainsi que des réseaux séparatistes baloutches, arabes et kurdes. Ces groupes maintiennent un rythme opérationnel soutenu, comprenant des affrontements réguliers avec les forces de sécurité iraniennes, et disposent, pour certains, à la fois de la motivation et des capacités nécessaires pour mener des opérations de sabotage contre des cibles liées au régime.
À mesure que les groupes armés d’opposition et les manifestants — de plus en plus radicalisés par la répression étatique — perçoivent des faiblesses au sein du régime, les attaques contre le personnel gouvernemental et les institutions sont susceptibles de se multiplier.
À la suite des explosions, l’Iran a annulé un exercice naval de tirs réels initialement prévu les 1er et 2 février dans le détroit d’Ormuz. Cette décision pourrait s’inscrire dans une logique de signalement désescalatoire dans le cadre de négociations en cours avec les États-Unis. Le 1er février, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) avait demandé aux forces iraniennes de faire preuve de professionnalisme, suggérant une pression américaine concernant la conduite et le calendrier des activités militaires iraniennes. La conformité de l’Iran pourrait ainsi avoir été conçue comme un geste de retenue et de bonne foi.
D’autres explosions ou actes de sabotage à travers l’Iran restent probables dans un contexte de tensions persistantes. Les groupes d’opposition et les adversaires extérieurs continueront de chercher à dégrader l’architecture de commandement et de contrôle de l’Iran, à alimenter l’instabilité interne et à façonner les conditions propices à d’éventuelles opérations militaires ou clandestines ultérieures.
La persistance du régime à attribuer ces incidents à des accidents est peu susceptible de dissuader ces acteurs et pourrait, au contraire, les encourager davantage en signalant la réticence de Téhéran à reconnaître ou à répondre publiquement aux attaques asymétriques.
Implications
Si les actes de sabotage à l’intérieur de l’Iran se poursuivent sans attribution claire aux États-Unis ou à Israël, Téhéran est susceptible d’absorber la pression plutôt que de répondre sur le plan extérieur. La priorité du régime demeurerait la survie politique et le contrôle de l’escalade, même au prix d’une perception accrue de vulnérabilité. Pour les clients, cela signifie que des explosions ou assassinats isolés à l’intérieur de l’Iran ne se traduiront pas automatiquement par des représailles régionales immédiates ni par une dégradation brutale de l’environnement opérationnel.
Le profil de risque évoluerait toutefois de manière significative si l’Iran concluait qu’une figure de haut rang a été éliminée à la suite d’une action ouverte des États-Unis ou d’Israël. Dans un tel scénario, une riposte serait probable, mais ciblée. L’Iran éviterait une escalade indiscriminée et privilégierait des actions visant des intérêts américains ou israéliens permettant un signalement stratégique sans déclencher un conflit généralisé. Les cibles potentielles incluraient des actifs militaires américains en Irak, à Bahreïn ou au Koweït, ainsi que des activités maritimes dans et autour du détroit d’Ormuz.
Pour les clients, le principal risque ne réside pas dans une escalade spontanée consécutive à des actes de sabotage, mais dans une erreur de calcul liée à l’attribution. L’environnement opérationnel resterait hétérogène plutôt qu’uniformément hostile, avec des risques accrus concentrés autour des infrastructures à vocation militaire, du transport maritime et des actifs occidentaux à forte visibilité, plutôt que sur l’ensemble du paysage commercial.
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