Analyse
Moyen-Orient : Menaces croissantes pour la santé publique liées au conflit
12 MARS 2026
/
5 mins de lecture
Auteur
Analyste de l'information sur la santé II

L’escalade des hostilités affectant l’Iran et plusieurs pays du Moyen-Orient entraîne des conséquences majeures pour la santé publique dans toute la région, avec au moins 16 pays concernés. Le conflit exerce une pression croissante sur les systèmes de santé, perturbe les services essentiels et augmente les risques sanitaires directs et indirects pour les populations civiles.
Points clés
Le conflit au Moyen-Orient met à rude épreuve les infrastructures de santé et perturbe les services ainsi que l’accès aux soins pour les patients.
Les déplacements de population et les infrastructures endommagées accroissent les risques d’épidémies et interrompent les soins médicaux essentiels et courants.
Les perturbations des approvisionnements et les déficits de financement menacent l’accès aux médicaments, à l’oxygène médical et aux capacités d’intervention humanitaire dans l’ensemble de la région.
Blessures et mortalité liées au conflit
L’impact sanitaire le plus immédiat se traduit par une hausse des décès et des blessures liés aux traumatismes, mettant sous pression les services médicaux d’urgence et les capacités hospitalières. Les événements à fort nombre de victimes génèrent une demande soudaine en chirurgie traumatologique, transfusions sanguines, soins intensifs et services de transport médical d’urgence.
Au 6 mars, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) faisait état de plus de 7 000 blessés et de plus de 1 000 décès dans la région.
Au 5 mars, l’Iran concentrait la plus grande part des victimes, les autorités nationales signalant plus de 925 décès et plus de 6 100 blessés. Au Liban, les autorités ont rapporté au moins 1 130 blessés et 394 décès depuis le 2 mars.
Perturbations des services de santé
Les services de santé sont également soumis à une pression croissante. Avant même la dernière escalade, de nombreux systèmes de santé de la région fonctionnaient déjà à la limite de leurs capacités.
- Iran : L’OMS a vérifié 14 attaques contre des établissements de santé en Iran depuis le 28 février, entraînant la mort de quatre professionnels de santé. Les hôpitaux restent opérationnels et ont augmenté leurs capacités en traumatologie. Toutefois, les établissements doivent faire face à un afflux de blessés tout en subissant des perturbations d’approvisionnement, des préoccupations liées à la sécurité du personnel et une réduction de l’accès des patients.
- Liban : Les ordres d’évacuation et l’insécurité persistante ont conduit à la fermeture de 43 centres de soins de santé primaires et de cinq hôpitaux. Les professionnels de santé ont également été directement touchés, avec au moins 16 blessés et neuf décès.
- Gaza : Le système de santé demeure extrêmement fragile. Les stocks de médicaments essentiels, de matériel de traumatologie et de consommables chirurgicaux sont à des niveaux critiques, tandis que les pénuries de carburant continuent de limiter le fonctionnement des hôpitaux. Les évacuations médicales via Rafah et Kerem Shalom sont suspendues depuis le 28 février.
Les patients atteints de maladies chroniques subissent également des interruptions de traitement, tandis que les systèmes de surveillance épidémiologique sont sous tension. Les dommages aux établissements de santé ou les perturbations affectant le personnel et les patients peuvent engendrer des conséquences sanitaires en cascade au-delà des blessures immédiates.
Déplacements de population
Les déplacements de population constituent une autre préoccupation majeure de santé publique. Les premières estimations indiquent qu’environ 100 000 personnes ont quitté Téhéran depuis le début de l’escalade. Au Liban, les déplacements internes ont également fortement augmenté, avec environ 112 525 personnes déplacées réparties dans plus de 514 abris au 8 mars.
Les déplacements et les mouvements rapides de population accroissent le risque de transmission de maladies transmissibles en raison de la promiscuité et de l’insuffisance des infrastructures sanitaires dans les abris. Ils interrompent également la continuité des soins pour les populations vulnérables, notamment les femmes enceintes, les nourrissons, les personnes âgées et les patients atteints de maladies chroniques.
Risques environnementaux pour la santé
Des risques environnementaux émergent également. La qualité de l’air à Téhéran s’est dégradée à la suite d’incendies liés aux frappes ayant touché des installations énergétiques et industrielles, libérant fumées et polluants dans l’atmosphère. La qualité de l’air devrait rester altérée à court terme, augmentant les risques sanitaires pour les populations vulnérables, notamment les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes et les personnes souffrant de pathologies respiratoires ou cardiovasculaires.
Perturbations des chaînes d’approvisionnement
Les chaînes d’approvisionnement régionales en ressources médicales sont également sous pression. Les interruptions logistiques peuvent rapidement se traduire par une tension accrue des systèmes de santé, en particulier dans les zones où les établissements disposent déjà de réserves limitées. Les pénuries d’antibiotiques, d’insuline, d’anesthésiques, de matériel de traumatologie et d’oxygène médical peuvent réduire la capacité de prise en charge tant des blessures liées au conflit que des pathologies courantes. Les interruptions des livraisons de carburant peuvent également affecter les générateurs hospitaliers et les systèmes de réfrigération nécessaires à la conservation des vaccins et au fonctionnement des laboratoires. Dans les contextes où les infrastructures sanitaires sont déjà fragiles, même des perturbations brèves peuvent avoir des effets sanitaires disproportionnés.
Risques liés aux infrastructures critiques
Les autorités sanitaires ont également souligné des risques à faible probabilité mais à fort impact liés à d’éventuels dommages aux infrastructures critiques. L’OMS a averti que tout incident impliquant des installations nucléaires pourrait avoir de graves conséquences pour la santé publique.
Bien que la probabilité d’un rejet radiologique soit actuellement jugée faible, des dommages à ces installations pourraient entraîner une contamination environnementale, des risques d’exposition pour les populations et des implications sanitaires transfrontalières complexes.
Perspectives sanitaires
La poursuite de l’escalade au Moyen-Orient pourrait perturber de manière significative les services de santé et les opérations humanitaires dans les semaines à venir. Les déplacements, les dommages aux infrastructures et les interruptions des chaînes d’approvisionnement augmentent la probabilité d’impacts sanitaires indirects, notamment une surmortalité liée aux retards de traitement, aux pénuries de médicaments et à l’accès réduit aux soins courants.
Les déficits de financement limitent davantage les opérations humanitaires. Selon l’OMS, les efforts de réponse d’urgence font face à un déficit budgétaire important, restreignant le renforcement des effectifs, la distribution de fournitures médicales et les interventions critiques de santé publique telles que la vaccination et la surveillance épidémiologique.
Si les hostilités persistent ou s’étendent géographiquement, les hôpitaux, les services d’urgence et les dispositifs d’intervention humanitaire subiront une pression croissante. Dans le même temps, les populations déplacées demeurent exposées à un risque élevé de maladies transmissibles, de troubles psychologiques et d’interruption des soins essentiels.
Ces informations reflètent les données les plus complètes disponibles au 9 mars.
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