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Analyse

Perspectives du terrorisme en 2026 : menaces, tactiques et implications mondiales

19 FÉVR. 2026

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4 mins de lecture


aerial view of a desert city on the water

En 2026, le terrorisme sera marqué par la consolidation de son influence et de ses capacités opérationnelles dans les environnements vulnérables plutôt que par une résurgence mondiale. Les réseaux militants, notamment l’État islamique (EI), les affiliés d’al-Qaïda, Al-Shabaab et des groupes armés palestiniens tels que le Hamas et le Jihad islamique palestinien (JIP), demeurent actifs sur plusieurs théâtres, représentant une menace tant pour les populations locales que pour les voyageurs étrangers. Ces groupes exploitent l’instabilité locale, les tensions confessionnelles et la faiblesse de la gouvernance pour maintenir leurs opérations. 

Points clés 

  • Les groupes militants demeurent résilients et technologiquement capables, exploitant les États fragiles et les zones contestées.
  • Les vides de gouvernance, la fragilité économique et les tensions confessionnelles créent un terrain propice aux opérations militantes au Sahel, dans la Corne de l’Afrique, au Moyen-Orient ainsi qu’en Asie du Sud et en Asie centrale.
  • Les distractions géopolitiques pourraient réduire l’attention mondiale portée à la lutte contre le terrorisme, offrant aux réseaux militants une plus grande liberté d’action. 

Évaluation par région

Sahel : Mali, Niger et Burkina Faso 

Le Sahel restera l’un des foyers terroristes les plus meurtriers et à la croissance la plus rapide au monde, où la faiblesse de la gouvernance, la fragilité économique et la fragmentation des forces de sécurité favorisent l’expansion des groupes extrémistes. L’État islamique au Sahel (EIS) et le Jama’at Nasr al-Islam wal Muslimin (JNIM) continueront de mener des attaques fréquentes contre des cibles militaires et civiles, avec un rythme et une ampleur susceptibles de s’intensifier tout au long de 2026. 

Moyen-Orient et Afrique du Nord 

En Syrie et en Irak, les reliquats de l’EI maintiennent des réseaux décentralisés, privilégiant assassinats ciblés, embuscades et raids plutôt que le contrôle territorial. Les développements dans le nord-est de la Syrie, notamment la reprise de territoires par le gouvernement syrien aux Forces démocratiques syriennes (FDS) à dominante kurde, devraient prolonger la vulnérabilité de la zone en raison de fortes tensions tribales et de griefs locaux.

Au Yémen, l’EI et al-Qaïda dans la péninsule Arabique (AQPA) exploiteront très probablement la poursuite de la guerre civile, en ciblant positions gouvernementales, forces de sécurité et infrastructures, avec des opérations transfrontalières ponctuelles.

Bien que le terrorisme ait été significativement affaibli en Égypte et en Libye, l’activisme militant demeurera une menace persistante en 2026. En Libye, l’activité se concentre le long des frontières avec le Soudan, le Tchad et le Niger, où la porosité des frontières et la faiblesse de la gouvernance locale facilitent les mouvements transfrontaliers, le trafic d’armes et les attaques opportunistes. En Égypte, la péninsule du Sinaï reste l’épicentre des opérations militantes.

En 2026, les autorités algériennes, tunisiennes et marocaines poursuivront probablement leurs efforts actifs de démantèlement des réseaux cherchant à cibler civils, forces de sécurité et intérêts étrangers. 

Corne de l’Afrique 

En 2026, Al-Shabaab restera très actif en Somalie et dans les zones frontalières, menant des incursions transfrontalières visant forces de sécurité, infrastructures et civils au Kenya et en Éthiopie. Les financements issus de l’extorsion, de la fiscalité locale et de dons soutiendront vraisemblablement le recrutement et les opérations malgré l’intensification des campagnes antiterroristes. 

Asie du Sud et Asie centrale 

En Afghanistan, l’État islamique – Province du Khorassan (EI-K) poursuivra ses attaques contre des cibles liées au gouvernement dirigé par les talibans, contre des étrangers et des civils afghans. Au Pakistan, le Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) maintiendra ses opérations insurgées dans le Khyber Pakhtunkhwa et les zones tribales. 

Territoires palestiniens 

La Cisjordanie connaîtra très probablement des épisodes de violence récurrents. Les Brigades al-Qassam du Hamas et le Jihad islamique palestinien (JIP) continueront de cibler civils et forces de sécurité par des fusillades, attaques à l’arme blanche et attaques à la voiture-bélier. 

Perspectives pour 2026

Le terrorisme en 2026 restera très probablement multidimensionnel et adaptable, prospérant là où la gouvernance est faible et les forces de sécurité sous pression. Les zones les plus exposées incluront le Sahel, la Corne de l’Afrique, la Syrie, l’Irak, le Yémen, l’Afghanistan, le Pakistan et les Territoires palestiniens. Les groupes militants devraient étendre l’usage des drones, améliorer la coordination entre réseaux décentralisés et exploiter les fractures confessionnelles et ethniques.

La menace pesant sur les États-Unis, l’Europe occidentale et leurs alliés restera inégale mais persistante, principalement portée par des acteurs auto-radicalisés ou inspirés en ligne.

Bien que plusieurs réseaux restent actifs, l’EI demeure l’indicateur central de la trajectoire djihadiste mondiale. Sa direction continuera de diffuser des orientations idéologiques en ligne, tandis que recrutement et planification opérationnelle se feront de plus en plus via des réseaux chiffrés décentralisés. 

Implications pour les entreprises et les opérations

L’activité militante en 2026 aura un impact direct sur les entreprises étrangères opérant dans les régions à haut risque.

  • Au Sahel, les entreprises des secteurs minier, logistique et extractif feront face à un risque accru d’enlèvements, d’attaques de convois et de perturbations d’installations.
  • Dans la Corne de l’Afrique, les activités d’Al-Shabaab et, dans une certaine mesure, des Houthis, menaceront les corridors de transport et les infrastructures énergétiques.
  • Au Moyen-Orient, les opérations en Syrie, en Irak et au Yémen resteront exposées aux attaques insurgées et aux perturbations confessionnelles.
  • En Afghanistan et au Pakistan, les attaques de l’EI-K et du TTP pourraient perturber projets de construction, transports et investissements étrangers.

Points de vigilance

Les groupes militants en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie du Sud/Centrale innovent tandis que les États réorientent leurs priorités sécuritaires. Ils utiliseront de nouvelles technologies, notamment drones et outils de reconnaissance numérique, modernisant leurs tactiques offensives afin de produire des effets disproportionnés malgré des ressources limitées.

La combinaison de directives centralisées, d’actions décentralisées et d’adoption technologique garantit que le terrorisme demeurera en 2026 un défi transnational aux implications sécuritaires et économiques mondiales. 


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