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Analyse

Les chaleurs extrêmes et les incendies en Europe entraîneront des perturbations saisonnières récurrentes

10 SEPT. 2026

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1 mins de lecture


European road with burning bushes

Points Clés:  

  • Le réchauffement rapide de l’Europe rendra les épisodes de chaleur extrême, les sécheresses et les conditions propices aux incendies plus fréquents et plus durables, augmentant les perturbations estivales. 
  • Les changements climatiques sont le principal facteur à l’origine des vagues de chaleur de juin 2026. Les conditions El Niño commençaient seulement à apparaître et ont eu peu d’influence sur les épisodes de chaleur en Europe. 
  • L’activité des incendies, proche de niveaux records, notamment en France et en Espagne, continuera d’entraîner des évacuations à court préavis, des perturbations des transports, une qualité de l’air dangereuse et des coupures de courant localisées. 
  • Les effets combinés de la chaleur et des incendies entraînent une hausse de la mortalité, mettent les systèmes de santé sous pression et perturbent les opérations et les chaînes d’approvisionnement. Les entreprises devront supporter des coûts récurrents liés à la baisse de la productivité de la main-d’œuvre, aux pressions exercées sur les infrastructures et aux besoins croissants en mesures saisonnières d’atténuation des risques. 

Le réchauffement climatique intensifie les risques saisonniers en Europe

Les chaleurs extrêmes et les incendies deviennent des caractéristiques prévisibles de l’environnement de risque estival en Europe, augmentant la probabilité de perturbations opérationnelles récurrentes. L’Europe est le continent qui se réchauffe le plus rapidement au monde : l’Europe occidentale a enregistré en juin 2026 son mois de juin le plus chaud jamais observé, avec une température moyenne de 20 °C (68 °F), soit environ 3 °C (5 °F) au-dessus de la moyenne de 1991-2020. Des conditions plus sèches que la moyenne, des débits fluviaux inférieurs à la normale et l’aggravation de la sécheresse ont également créé des conditions favorables aux incendies.

Les vagues de chaleur de juin ont probablement été principalement provoquées par les changements climatiques, les conditions El Niño commençant seulement à apparaître à cette période. Si El Niño entraîne généralement une hausse des températures moyennes mondiales, son influence sur les conditions météorologiques européennes est plus indirecte et variable. L’intensité des vagues de chaleur estivales en Europe est donc davantage liée au réchauffement climatique sous-jacent.

Les vagues de chaleur européennes se développent souvent dans des conditions de « dôme de chaleur », lorsque de l’air chaud et sec, provenant souvent du Sahara et d’Afrique du Nord et se déplaçant vers le nord, reste bloqué au-dessus d’une région pendant plusieurs jours ou plusieurs semaines. Les températures peuvent alors augmenter avec peu de couverture nuageuse ou de répit. À mesure que le climat se réchauffe, ces vagues de chaleur deviennent plus fréquentes, plus longues et plus intenses.

Les incendies sont généralement déclenchés par l’activité humaine ou la foudre, mais leur vitesse de propagation dépend de facteurs tels que les vents violents, les températures élevées, la sécheresse de la végétation et le relief. Le bassin méditerranéen constitue le principal foyer d’incendies en Europe, le risque de perturbations graves étant le plus élevé entre juin et septembre. Le sud de la France, la Grèce, le Portugal, l’Espagne et la Turquie sont particulièrement exposés en raison de leurs étés chauds et secs. 

Une activité proche de niveaux records accroît les perturbations opérationnelles

La saison 2026 des incendies en Europe progresse à un rythme plus de deux fois supérieur à la moyenne historique. Environ 1 250 incendies avaient été recensés fin juillet, contre une moyenne à long terme de 569, brûlant approximativement 435 000 à 457 000 hectares. À ce stade de la saison, il s’agit déjà de la deuxième pire année jamais enregistrée dans l’UE, la France ayant établi un nouveau record annuel de superficie brûlée et l’Espagne ayant enregistré le plus important incendie de son histoire.

Le coût humain et opérationnel des chaleurs extrêmes en Europe est déjà considérable. Plus de 14 000 décès excédentaires ont été estimés pendant le pic de la vague de chaleur de 2026, principalement parmi les personnes âgées, tandis que les fumées des incendies ont exposé des millions de personnes à une pollution atmosphérique dangereuse susceptible d’aggraver les maladies respiratoires et cardiovasculaires. Les effets combinés de la chaleur et des fumées augmentent la mortalité saisonnière, mettent sous pression les systèmes de santé et les services essentiels et réduisent la productivité de la main-d’œuvre. Ce fardeau devrait s’alourdir à mesure que les épisodes de chaleur extrême deviennent plus fréquents et plus longs.

Les incendies peuvent rapidement passer du statut d’urgence locale à celui de risque plus large pour la continuité des activités lorsqu’ils menacent des centres de population et des infrastructures critiques. Les incendies à proximité des grands axes routiers peuvent entraîner des fermetures prolongées et des déviations, en particulier dans les zones isolées où le nombre limité d’itinéraires alternatifs et les difficultés d’accès peuvent ralentir les interventions d’urgence et perturber les chaînes d’approvisionnement.

Les infrastructures électriques sont également exposées. Les incendies peuvent endommager les postes électriques, les lignes de transport et les réseaux de distribution, tandis que les fournisseurs d’électricité peuvent procéder à des coupures préventives afin de réduire le risque de départ de feu ou de protéger les infrastructures. Ces coupures peuvent aggraver les perturbations affectant les populations, les activités industrielles et les infrastructures critiques. 

Perspectives

Les chaleurs extrêmes, les incendies et la sécheresse se traduiront de plus en plus par une hausse des coûts d’exploitation et des interruptions d’activité plus fréquentes dans toute l’Europe. Les principales répercussions seront notamment les suivantes: 

  • Main-d’œuvre et coûts: Les chaleurs extrêmes peuvent réduire la productivité, entraîner des arrêts de travail obligatoires, accroître les besoins en refroidissement et accélérer les défaillances des équipements, augmentant ainsi les coûts d’exploitation et de maintenance.

  • Chaînes d’approvisionnement: Les incendies peuvent entraîner la fermeture de routes et de voies ferrées, tandis que la sécheresse et la baisse du niveau des cours d’eau peuvent restreindre le transport fluvial. Les retards de livraison et le réacheminement du fret seront particulièrement probables le long des corridors méditerranéens et des principales voies navigables industrielles.

  • Fiabilité de l’approvisionnement électrique: La chaleur et la sécheresse peuvent exercer une pression sur les réseaux électriques et limiter la production nucléaire et hydroélectrique. Les incendies peuvent également endommager les infrastructures de transport d’électricité ou entraîner des coupures préventives.

  • Continuité des activités: La combinaison des perturbations affectant les transports, l’électricité et la main-d’œuvre peut entraîner des arrêts de production, des retards logistiques et un accès réduit aux infrastructures critiques, en particulier au plus fort de l’été. 

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