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Analyse

Réponse internationale après une épidémie d’hantavirus des Andes liée à un navire ; risque public faible

13 MAI 2026

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6 mins de lecture


Cruise Line Enhances Duty of Care with Crisis24 Travel Risk Management

L’épidémie d’hantavirus des Andes liée à un navire de croisière néerlandais continue d’évoluer alors que passagers et membres d’équipage débarquent à Tenerife (Espagne) et regagnent leurs pays dans le cadre de dispositifs coordonnés de quarantaine et de surveillance. Au 12 mai, 11 cas — dont neuf confirmés et deux probables — ont été recensés, dont trois décès. Malgré les inquiétudes du public et les comparaisons avec la COVID-19, les autorités sanitaires internationales continuent d’évaluer le risque pour la population générale comme faible. 

Points clés

  • L’épidémie concerne le virus Andes, seul hantavirus connu pour se transmettre d’une personne à l’autre.

  • Le risque pour la population générale est faible. Contrairement au SARS-CoV-2, le virus Andes n’est pas considéré comme hautement transmissible et n’est pas associé à une propagation asymptomatique efficace.

  • L’environnement du navire de croisière a probablement amplifié le risque de transmission en raison des contacts rapprochés prolongés, des cabines partagées, des espaces de restauration communs et d’une identification tardive de l’épidémie. 

Situation actuelle

Le 2 mai, un cluster de passagers présentant une maladie respiratoire sévère à bord d’un navire transportant des personnes de 23 pays a été signalé à l’OMS. À ce moment-là, 147 personnes se trouvaient encore à bord, tandis que 34 avaient déjà débarqué avant l’identification de l’épidémie. Au 12 mai, 11 cas d’hantavirus liés à cet épisode avaient été identifiés. Trois décès ont été signalés, ce qui correspond à un taux de létalité estimé à environ 33 %. Plusieurs patients restent hospitalisés en Afrique du Sud, en Suisse, en France et dans d’autres pays. Les onze cas concernent exclusivement des passagers ou membres d’équipage.

Parmi les cas récents figurent un cas confirmé en France concernant un passager ayant développé des symptômes lors d’un vol de rapatriement vers Paris, un cas asymptomatique provisoirement positif en Espagne, ainsi que des passagers américains — dont un présentant des symptômes légers avec des résultats PCR peu concluants ou faiblement positifs — actuellement pris en charge en quarantaine aux États-Unis.

Le navire est arrivé au port de Granadilla (Tenerife) le 10 mai, où les autorités espagnoles et les agences sanitaires internationales ont coordonné une opération contrôlée de débarquement et de rapatriement. Les passagers ont été transférés via des dispositifs de transport encadrés visant à minimiser les risques d’exposition pour les populations locales. Les personnes exposées ont depuis été placées en quarantaine ou sous surveillance active dans plusieurs pays. Le navire devrait retourner aux Pays-Bas avec un équipage réduit, où il fera l’objet de procédures de désinfection. Les membres d’équipage poursuivant le voyage devraient observer une période de quarantaine avant tout déplacement ultérieur. 

Dynamique de transmission

Les enquêtes épidémiologiques suggèrent de plus en plus que l’épidémie provient d’une exposition environnementale à des rongeurs infectés en Argentine ou au Chili avant l’embarquement. Le cas index probable est un homme adulte ayant voyagé pendant plus de trois mois dans des zones endémiques d’Argentine, du Chili et d’Uruguay avant d’embarquer le 1er avril. Il a développé des symptômes le 6 avril et est décédé à bord le 11 avril. L’exposition aurait eu lieu lors d’activités rurales telles que l’observation des oiseaux dans des zones où circulent des réservoirs de rongeurs. Plusieurs cas ultérieurs ont été en contact étroit avec ce patient pendant sa période symptomatique.

L’environnement du navire a probablement favorisé des conditions propices à une transmission limitée en raison des cabines partagées, des espaces communs, des interactions sociales prolongées et de la détection tardive de l’épidémie. Aucun cas secondaire confirmé n’a été identifié chez des personnes n’ayant pas été à bord au 11 mai.

Le virus Andes est le seul hantavirus connu pour se transmettre entre humains. Toutefois, les autorités sanitaires soulignent qu’il diffère fondamentalement du SARS-CoV-2 et d’autres virus respiratoires hautement transmissibles. Contrairement à la COVID-19, sa transmission nécessite généralement un contact étroit et prolongé et n’est pas associée à une propagation asymptomatique efficace. 

Réponse de santé publique

La réponse à l’épidémie a impliqué une coordination multinationale étendue en raison du profil international des passagers du navire. L’OMS, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis et plusieurs agences nationales de santé publique continuent de coordonner le traçage des contacts, la surveillance des passagers, les analyses en laboratoire et les opérations de rapatriement. Plusieurs pays ont mis en œuvre des protocoles de quarantaine à titre préventif pour les passagers de retour. Aux États-Unis, les passagers rapatriés ont été transférés vers des installations spécialisées au Nebraska et à Atlanta, incluant des unités de bioconfinement pour les individus à plus haut risque. L’Espagne a placé ses ressortissants de retour en quarantaine obligatoire dans un hôpital militaire à Madrid, tandis que le Royaume-Uni et plusieurs pays européens ont instauré des mesures de surveillance et d’auto-isolement. 

Préparation globale et défis opérationnels

Au-delà des risques épidémiologiques immédiats, cette épidémie a mis en évidence plusieurs défis plus larges affectant la préparation et la réponse aux épidémies dans le contexte post-COVID. La coordination internationale s’est révélée opérationnellement complexe en raison de la nature multinationale de l’événement d’exposition et des déplacements des passagers avant l’identification de l’épidémie. La coordination des procédures de quarantaine, des tests de laboratoire, de la communication des risques et des opérations de rapatriement à travers de multiples juridictions a nécessité une coopération internationale significative.

La désinformation et l’anxiété du public ont également compliqué les efforts de réponse. Des comparaisons avec la COVID-19 ont largement circulé en ligne malgré des différences épidémiologiques majeures entre les deux maladies. 

Contexte épidémiologique

Les hantavirus constituent un groupe de virus transmis par les rongeurs pouvant provoquer des maladies graves chez l’homme. Le syndrome cardiopulmonaire à hantavirus (SCPH), également appelé syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH), est une maladie respiratoire virale zoonotique. Il se transmet principalement par contact avec l’urine, les excréments ou la salive de rongeurs infectés, ou par contact avec des surfaces contaminées. Les symptômes incluent généralement des céphalées, des étourdissements, des frissons, de la fièvre, des myalgies et des symptômes gastro-intestinaux tels que nausées, vomissements, diarrhée et douleurs abdominales, suivis d’une apparition soudaine de détresse respiratoire et d’hypotension.

La gravité de la maladie associée au virus Andes demeure une préoccupation majeure. Le taux de létalité observé dans cette épidémie est cohérent avec les épisodes précédents et pourrait refléter l’âge plus avancé des passagers à bord du navire, dont l’âge moyen était d’environ 65 ans.

Il n’existe actuellement aucun vaccin homologué ni traitement antiviral spécifique contre l’infection à hantavirus. La prise en charge repose sur un diagnostic précoce, des soins de soutien, une assistance respiratoire et l’accès à des services de soins intensifs avancés. 

Perspectives de santé publique

Des cas supplémentaires liés à cette épidémie restent possibles dans les semaines à venir, le temps que les passagers et membres d’équipage exposés atteignent la fin de la période d’incubation connue, pouvant aller jusqu’à huit semaines après l’exposition. La majorité des cas supplémentaires devrait concerner des contacts étroits déjà identifiés et placés sous surveillance active ou en quarantaine.

Les données actuelles continuent d’indiquer qu’une transmission interhumaine soutenue à l’échelle internationale est peu probable. L’absence de transmission secondaire confirmée en dehors du navire, combinée à la transmissibilité limitée du virus et aux mesures de confinement étendues déjà mises en œuvre, soutient fortement l’évaluation selon laquelle le risque pour la santé publique au sens large reste faible.

À court terme, les défis opérationnels devraient porter sur la prise en charge clinique continue des cas graves, la coordination des efforts de surveillance multinationaux, l’achèvement du traçage des contacts, la gestion de la désinformation et de l’anxiété du public, ainsi que la poursuite des investigations en laboratoire sur les modes de transmission à bord du navire.

Dans l’ensemble, cette épidémie constitue un événement infectieux international sérieux mais actuellement contenu. Le risque pour la santé publique est modéré pour les passagers directement exposés, les membres d’équipage et les contacts étroits, mais faible pour la population mondiale dans son ensemble. Ces éléments reflètent les données les plus complètes disponibles au 12 mai. 


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